Le redoublement, une pratique inutile et dévalorisante qu’il faut interdire

Le redoublement, une pratique inutile et dévalorisante qu'il faut interdire
En France, 22 % des élèves ont redoublé au moins une fois avant l’âge de 15 ans, soit le double de la moyenne des pays de l’OCDE.
Le redoublement coûte cher (environ 2 milliards d’euros par an), son efficacité pédagogique est proche du niveau zéro, il produit des effets destructeurs sur la construction de la personnalité de l’enfant et ne sert à rien d’autre qu’à prouver à l’élève qu’il est bon à rien.

Le système scolaire est mauvais et fait porter ses échecs sur les enfants.

On peut s’interroger sur l’obstination de l’éducation nationale à vouloir enseigner les choses de manière à ce que beaucoup d’enfants n’y comprennent rien ainsi qu’à les traiter comme s’ils étaient tous semblables et capables d’apprendre de la même manière et au même rythme alors que c’est impossible puisque chacun est différent du voisin…

Ces méthodes d’enseignement semblant être quasi immuables depuis Jules Ferry et ayant pour résultat de dégoûter de plus en plus d’enfants de l’envie d’apprendre quoi que ce soit il ne faut donc pas s’étonner si beaucoup décrochent rapidement.

Je prends le cas des mathématiques enseignées, dès la base, de manière totalement abstraite et donc incompréhensible pour beaucoup car un enfant comprend en priorité ce qu’il touche et ce qu’il voit.

Un bon exemple d’enseignement consiste, par exemple, à l’initier au calcul en lui faisant manipuler des perles colorées qu’il peut compter et assembler. Par la suite, en associant la couleur puis la position de chaque perle à une valeur donnée, l’enfant pénètre une dimension et comprend ce qu’il fait parce que c’est beaucoup plus clair que de lui rabâcher 1+1=2 jusqu’à ce qu’il le sache par coeur tout en n’ayant aucune idée de ce que cela signifie.

Lorsqu’un élève obtient de mauvais résultats en mathématiques, il y a de fortes probabilités que la méthode d’enseignement ne lui corresponde pas du tout, le problème sera donc le même en le faisant recommencer la même chose l’année suivante mais, s’il a de mauvais résultats dans une matière, pourquoi ne pas simplement lui faire redoubler uniquement ce qu’il n’a pas intégré?

Pourquoi vouloir lui faire recommencer tout ce qu’il a appris si ce n’est pour lui faire comprendre qu’il est mauvais dans toutes les matières? En quoi est-ce valorisant pour lui de savoir qu’il doit ré-apprendre aussi ce en quoi il est bon?

Car il y a toujours une ou plusieurs matières qu’il maîtrise mieux que d’autres mais, au lieu de l’encourager à aller plus loin et développer ce qu’il a bien assimilé on l’oblige à retourner à la case départ.

Je vois mal comment le redoublement peut l’aider à prendre confiance en lui puisqu’en prime, les autres passent au niveau supérieur et lui se retrouve avec des plus jeunes en traînant derrière lui une valise pleine d’échecs…

L’inverse est tout aussi vrai, l’élève brillant dans une ou plusieurs matières devrait suivre le niveau qui lui correspond.

A quoi sert à un élève de CM1 de végéter dans un cours de mathématiques s’il a un niveau de 6e ou de 5e? A rien d’autre qu’à lui faire perdre son temps…

Il en est de même pour toutes les matières…

Plus l’enfant est jeune, plus le redoublement diminue sa confiance en lui et développe la peur constante de l’échec bien davantage que de motiver ses capacités de réussite puisque rien ne lui garantit que la seconde année dans la même classe procurera de meilleurs résultats.

Socialement il est aussi en situation d’échec puisqu’il a déçu ses parents et sa famille. Si le redoublement a lieu en dernière année de primaire, il perd, en prime, tout rapport égalitaire avec ses amis qu’il voit s’éloigner dans le secondaire.

Après un traitement pareil, il a une opinion plutôt négative de lui même assortie d’un certain sentiment de culpabilité et de solitude car peu de gens vont essayer de comprendre la cause réelle à savoir la médiocrité de la méthode d’enseignement.

Pourtant, quand la peinture d’une chambre s’écaille, on ne repeint pas toute la maison ! Si une tuile du toit est cassée, on ne refait pas tout le toit ! Alors, pourquoi le faire avec les enfants?

En quoi est-ce difficile ou compliqué pour l’école de faire bouger les élèves pour qu’ils passent d’une classe à une autre en fonction du niveau qu’ils possèdent?

J’entends d’ici certains enseignants se révolter à l’idée d’un bouleversement dans leurs habitudes cependant, il faut voir tous les avantages de ce que ces déplacements procureraient aux enfants.

1) cela leur permettrait de se dégourdir les jambes et les changerait de l’espèce d’immobilité silencieuse qu’on leur inflige souvent en permanence au primaire…

À ce propos, j’en profite pour glisser ma citation favorite de Maria Montessori :
“Nous ne considérons pas qu’un enfant soit discipliné quand ses professeurs ont réussi à le rendre aussi silencieux qu’un muet et aussi immobile qu’un paralytique.
Un tel individu n’est pas discipliné mais annihilé.
Nous disons d’un individu qu’il est discipliné quand il est maître de lui-même et qu’il est capable de contrôler sa conduite dans les occasions où il faut suivre des règles.”

2) ils auraient des contacts avec d’autres enseignants ce qui limiterait les dégâts provoqués par le favoritisme que l’on retrouve dans certaines classes où l’enseignant règne en maître absolu.

3) cela permettrait de regrouper les élèves et de leur enseigner les choses en fonction de leur niveau au lieu de les parquer dans des classes en fonction de leur âge…

En résumé, pour moi, le redoublement global n’est rien d’autre qu’une continuité dans la longue liste d’erreurs conduisant la France a obtenir des résultats scolaires qui se dégradent chaque année classant ainsi le pays de plus en plus bas sur l’échelle Pisa.

Quant aux enseignant(e)s que l’idée de classes par niveau pourrait fâcher parce qu’ils estiment être débordés, je leur suggère de se tourner vers le métier d’infirmier(ère) cela leur donnerait l’opportunité de constater en quoi consiste devoir s’occuper seul(e) de nombreuses personnes toutes différentes les unes des autres et ce, même pendant les vacances scolaires…

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